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BLOG DE MONTAGNE | TEST | 22 Août 2014

Test des crampons souples pour chaussures de trail running Ice Master de Camp, pendant le Grand Trail de l'Aneto-Posets 2014

Ceci n'est pas seulement un test, mais aussi une réflexion plus générale sur la sécurité pendant les courses en montagne. Il est en effet fréquent de voir des coureurs sacrifier allègrement leur sécurité (et une importante partie de leur énergie) simplement pour éviter de porter quelques grammes de matériel en plus pendant les compétitions.

Crampons pour trail running, Ice Master de Camp

Pour être très clairs, nous allons prendre un exemple concret : un ultra trail de 106 km qui a eu lieu en juillet à Benasque, dans les Pyrénées espagnoles, dans un cadre idyllique. Le Grand Trail de l'Aneto-Posets est connu pour ses paysages splendides, mais aussi et surtout, pour se dérouler sur un terrain très technique. Il ne s'agit pas seulement d'une course de « trail running » normale (qui littéralement signifie « course sur sentier »), comme la majorité d'entre elles, mais d'une course en montagne, et même en haute montagne.

Dans le parcours du Grand Trail de l'Aneto il y a une zone concrète, la vallée de Salenques qui est particulièrement délicate. Le coureur-blogger espagnol Ramón Ferrer Monrasin, résume ainsi son expérience : « Il s'agit certainement de la partie la plus technique de la course, car elle très verticale et qu'il y a toujours de la neige dans cette zone. Cette année, elle était totalement congelée, ce qui rendait le passage très dangereux. Beaucoup de coureurs ont chaussé leurs crampons, même si les crampons pour chaussures de trail ne sont pas faciles à utiliser dans les endroits aussi pentus. D'autre part, le chaos de rochers qui commence dans cette zone et se termine à la hauteur des lacs de Vallibierna, au kilomètre 41, empêche presque de courir durant les 20 km suivants. À plus de 2000 m d'altitude, c'est un monde spectaculaire de rochers, neige et glace qui peut désespérer plus d'un, mais avec une vue impressionnante. »

Coureurs à Salenques

Dans une épreuve de ce style, l'organisation oblige donc les participants à emporter beaucoup plus de matériel que d'habitude, ce qui en indigne plus d'un, à cause du poids en plus que cela suppose. Ils oublient que les choses peuvent se compliquer très rapidement en haute montagne si le temps se dégrade : la brume ou la grêle peuvent vous obliger à ralentir, voir même à vous arrêter, ce qui n'est pas recommandé à cette altitude. D'autant qu'il existent de réelles difficultés en cas de besoin d'évacuation, car à la différence de la plupart des courses, il n'y a pas de sentiers disponibles dans certaines zones.

Notre collègue Fernando Tomás, Responsable des Achats chez Barrabes, a terminé l'épreuve en 23 heures, remportant la 19ième place sur 275 participants. Il a été catégorique sur l'usage des crampons : « J'ai gagné plus d'une heure sur la majorité des coureurs dans la zone de Salenques. J'ai pu en doubler 15 pendant la descente. Je suis descendu avec une agréable sensation de sécurité alors que d'autres étaient très tendus, certains me demandaient même de leur donner la main pour les aider, malgré la corde de sécurité et il y a eu un accident sérieux. »

Notre collègue Fernando pendant l'épreuve

À l'arrivée, un autre coureur qui a terminé quelques minutes après Fernando, prétendait même avoir gagné 2 heures durant la descente sur des coureurs qui étaient arrivés en même temps que lui en haut du col !

Vu sous cet angle, il peut être intéressant de se poser quelques questions :

- Peut-on jouer avec notre propre sécurité, voire notre vie, pour éviter de mettre 500 grammes de plus dans notre sac à dos?
- Allons-nous réellement faire moins d’efforts durant la course si nous n'emportons pas ce poids supplémentaire ?
- Ou au contraire, cela risque-t-il de nous faire perdre d'une à deux heures à l'arrivée, avec la tension et l'effort en plus que génèrent ces passages difficiles ?

Fernando répond : « Pour moi c'est très clair. Ne pas prendre de crampons durant ce genre de compétitions est un risque inutile qui, à la fin, fait perdre de l'énergie et du temps... deux choses très utiles lors d'un ultra trail. Il faut bien sûr optimiser au maximum le poids de son sac à dos, mais il est facile de bien distribuer ces 500 grammes, afin qu'ils ne gênent pas pendant la course, surtout en vu des avantages qu'ils procurent dans les zones très techniques. »

Micro-crampons et crampons conçus pour la course :

Les micro-crampons sont conçus pour les endroits plats, cela doit être clair pour tout le monde. Ils sont pratiquement inutiles dans les passages avec un forte inclinaison sur neige dure ou congelée. Ils ont été inventés pour pouvoir marcher dans les villages isolés après les grandes chutes de neige. Dans une épreuve sur chemins, ils peuvent servir, mais dans un trail alpin comme celui de l'Aneto, ils restent très limite.

Il existent cependant 2 ou 3 modèles de crampons conçus spécifiquement pour le running en moyenne et haute montagne. Ce sont des crampons qui se montent sur des chaussures de trail et s'ajustent facilement à ce type de tennis. Ils peuvent aussi servir de manière ponctuelle pour le trekking dans des zones pas très complexes. Ils ont des pointes ressemblant à celles des crampons traditionnels et ils pèsent plus que les micro-crampons, mais moins que les crampons d'alpinisme légers.

Pendant le Grand Trail de l'Aneto, avec les Icemaster M de Camp

Les crampons ICE MASTER de CAMP :

Fernando Tomás a utilisé pour cette course les crampons Ice Master de la marque italienne Camp, en taille M (poids approx. 480 g). Ils existent en 4 tailles:

Crampons ICE MASTER en taille S : du 35 au 38 en couleur gris,
Crampons ICE MASTER en taille M : du 39 au 41 en couleur orange,
Crampons ICE MASTER en taille L : du 42 au 44 en couleur rouge,
Crampons ICE MASTER en taille XL : du 45 au 47 en couleur bleu,

Ces crampons sont facilement (et surtout rapidement) enfilables et enlevables, grâce au système de fixation inventé par les italiens. Il suffit de glisser la pointe de la chaussure dans le crampon et de tirer sur la structure en gomme vers l'arrière pour insérer le talon. La sensation générale est que le pied est enveloppé et un peu serré, comme dans un chausson, mais rien à voir avec la sensation des crampons automatiques ou semi-automatiques qui se fixent avec des sangles.

L'important c'est de bien remonter la gomme à l'arrière du talon pour que les chaînes qui sont reliées aux pointes soient tendues. Le velcro noir de la partie supérieure permet de finir d'ajuster l'ensemble pour que les chaînes ne perdent pas de tension, mais il faut d'abord bien les tendre avec la partie arrière de la gomme !

Les Ice Master apportent 12 pointes avec une bonne pénétration dans la neige dure : le talon a 4 pointes et la partie centrale/avant compte 6 pointes. De plus, la partie avant s'incline quand le terrain monte, ce qui permet de planter fermement les 2 pointes avant.

Cette partie mobile et les chaînes donnent au crampon une grande flexibilité et une bonne adaptabilité aux chaussures de trail. Si on ajoute le velcro et la partie supérieure en gomme, on se rend compte qu'il est très difficile qu'ils se détachent.

Les sensations durant la course du Grand Trail de l'Aneto :

Fernando Tomás partage son expérience de course : « Je suis arrivé au col de Salenques vers 3h00 du matin. La neige était dure et en plus, il s'était formé une nouvelle couche de glace pendant la nuit.

Au début de la zone enneigée de la montée, des volontaires nous ont informé de l'état de la neige et de l'existence de cordes fixes de sécurité situées sur la gauche du parcours. J'ai tout de suite noté l'efficacité des crampons Ice Master et j'ai pu commencer à doubler des coureurs qui montaient avec difficulté. Mon rythme de montée était stable, en confiance et je n'avais même pas eu besoin de suivre les traces des premiers, car les pointes s'enfonçaient correctement dans la neige dure.

Arrivés au col, d'autres volontaires nous ont informé sur la technicité de la descente et sur la situation des cordes fixes dans cette zone. C'est à ce moment-là qu'ont commencé les vrais problèmes pour la majorité des coureurs et j'ai pu doubler au moins 15 personnes, tout simplement grâce au bon fonctionnement des crampons. C'est alors que j'ai pu en tirer le meilleur rendement, car entre névé et névé, je ne les ai pas enlevés, jusqu'à ce qu'il a commencé à faire jour.

J'ai vite compris que je pouvais traverser des zones de rochers sans avoir besoin de les enlever, comme si c'étaient des crampons traditionnels, ce qui m'a fait gagner encore plus de temps.

Lever du jour pendant le Grand Trail de l'Aneto, dans la zone entre Salenques et Llauset

Je n'ai pas fait de faux pas, le crampon se plantait parfaitement pendant la montée, sans avoir besoin de modifier mes mouvements de course grâce à sa bonne flexibilité. Et en descente, là où j'en avais vraiment besoin, les longues pointes (comparées avec les micro-crampons) s'enfonçaient parfaitement et m'ont apporté une grande sécurité.

Au vu des résultats, je peux affirmer que cela a vraiment valu la peine de porter ces presque 500 g en plus durant la compétition. »

Améliorations potentielle du produit :

Même si la structure en gomme a une petite languette sur le talon, il serait utile de la faire plus grande ou d'ajouter une sangle pour faciliter le chaussage avec des gants. Comme nous l'avons signalé auparavant, il est très important de bien tirer vers le haut cette languette afin de bien tendre les chaînes pour un bon ajustement des crampons sur les chaussures.

Recommandations d'utilisation :

Évidemment, ces crampons sont conçus pour le trail running en montagne. La différence avec les micro-crampons c'est que les pointes des Ice Master s'enfoncent vraiment dans la neige, ce qui permet une meilleure sécurité en descente.

Ils peuvent aussi servir avec des chaussures de trekking en moyenne montagne pour passer sur des zones concrètes avec une pente moyenne.

Cependant, il faut bien comprendre que ce ne sont pas des crampons d'alpinisme et qu'il ne faut pas les utiliser par défaut en montagne et encore moins en haute montagne et dans des zones compliquées, avec une pente très inclinée.

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