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BLOG DE MONTAGNE | REPORTAGES | 26 Septembre 2017

Mont Blanc, 4808m. 4 itinéraires vers le toit des Alpes. Guide des ascensions

Le sommet le plus élevé des Alpes est un défi envisagé par tout alpiniste, au moins une fois dans la vie.

Le sommet de la montagne la plus élevée d’Europe Occidentale fut atteint pour la première fois, le 8 août 1786, par Michel Gabriel Paccard et Jacques Balmat. L’itinéraire suivi à l’époque, c'est-à-dire le glacier de Bossons plus ou moins jusqu’en bas de l’actuel refuge Vallot, et un passage en diagonale (l’Ancien Passage) jusqu’aux Rochers Rouges, dans la zone finale de la Traversée des Trois Monts, est aujourd’hui impraticable en été. Au XXIe siècle, nous ne pouvons même pas atteindre facilement le glacier des Bossons, tracé réservé uniquement à l’hiver et au printemps maintenant ; pendant l’été 2015, il a même fallu fermer la montée jusqu’à l’Aiguille de Goûter. Les glaciers, qui ne cessent de se fissurer et de reculer, protègent encore l’accès à cette montagne d’environ 5000 mètres située au cœur de l’Europe. L’ascension du Mont Blanc est-elle toujours aussi attrayante ? Est-elle dangereuse ? Peut-on éviter facilement les foules?

Aux 3 itinéraires les plus caractéristiques de la montagne, nous avons ajouté une route magnifique qui rejoint le Dôme du Goûter à 4.300m, par le refuge Durier. Même s’il s’agit d’une voie PD+, c’est une route alpine avec un grand A, critique, longue et vraiment inoubliable.

Nous recommandons vivement d’avoir l’expérience nécessaire en haute montagne et de disposer du matériel adéquat avant de s’engager dans ces itinéraires, mais également de faire appel à un guide UIAGM diplômé. C’est un aspect fondamental qui nous permettra de profiter pleinement de cette expérience, et nous dispensera des pénibles démarches de réservation de refuges, (dans le cas du refuge du Goûter, il est très souvent impossible de réserver sans l’intermédiaire d’un guide)


Texte: David Atela

Photos: David Atela, Jonás Cruces, Todovertical V+

MONT BLANC, 4808m

PAR L’ARÊTE ET LE REFUGE DU GOÛTER

  • Saison recommandée: pendant tout l’été. Au printemps et à l’automne, les câbles sont habituellement enterrés dans la montée au Goûter et c’est donc l’arête Payot qui est escaladée (II, mixte et 45º, rive droite du Grand Couloir).
  • Difficulté: PD inf (II-; 35º et exposé sur l’arête sommitale). Risque de chute de pierres dans la montée du Goûter, surtout lorsqu’il fait chaud. Zone glaciaire sur le Dôme du Goûter. L’arête sommitale devient étroite et délicate après plusieurs jours de chute de neige.
  • Accès au refuge du Goûter (4h.30’; 1470 md). Ascension au sommet (3h.40’; 1060 md). Vous pouvez descendre directement le même jour ou passer la nuit dans le refuge du Goûter ou à la Tête Rousse.
  • Avantages: Accès commodes et le refuge du Goûter est bien situé. Exposition aux glaciers limitée. Descente commode.
  • Inconvénients: Très fréquenté. Chute de pierres sur la voie d’accès au Goûter. Arête sommitale délicate en cas de temps instable ou trace peu ouverte.
  • Logement: Refuge du Goûter (3815 m; FFCAM, ouvert de juin à septembre avec repas, 120 places, 20 en refuge d’hiver tél. 0450544093; réservation obligatoire. Il est très souvent impossible de réserver sans l’intermédiaire d’un guide). Refuge Tête Rousse (+33 4 50 58 24 97).

ASCENSION

Sur le versant occidental de la face Nord du Mont Blanc, il y a une épaule enneigée, l’Aiguille du Goûter qui, en 861 (L. Stephen, F. Tuckett, M. Anderegg, J. Bennen et P. Perren) fut facilement atteinte par son vertigineux versant ouest depuis le domaine de Saint Gervais.

On parvenait ainsi à atteindre le sommet des glaciers sans avoir à traverser leurs langues inférieures érodées et fissurées, en escaladant des roches à la qualité médiocre qui se sont révélées dangereuses lorsque l’eau du dégel les imbibe au cours des étés très chauds (chute de pierres).


JUSQU’AU GOÛTER

Depuis les Houches par le téléphérique de Bellevue ou bien en prenant le train à Saint Gervais (prix identiques), nous rejoignons toujours le train à crémaillère pour le dernier tronçon qui nous conduit jusqu’au début de l’itinéraire, au Nid d’Aigle (2372 m. 0h; 3h.30’ à pied depuis Bionnassay par le Chalet de l’Are).

Un chemin facile traverse (ENE) un désert de pierres jusqu’au pied de l’arête des Rognes (cabane), puis tourne à droite sans la dépasser (SE) jusqu’à se fondre dans le contrefort rocheux (sentier commode) qui descend depuis le Plateau où se trouve le refuge de la Tête Rousse (3165 m. 2h; séparé 10’ à droite de la route qui continue vers le Goûter).

De là, après avoir traversé le glacier, nous nous rapprochons d’un couloir impressionnant (le Grand Couloir, main courante, avalanches continues de neige et de roches) que nous traversons horizontalement, pour commencer l’ascension jusqu’au refuge à travers des tronçons avec et sans main courante jusqu’au refuge du Goûter ((3815 m. 4h.30’)

AU SOMMET

3h du matin est une bonne heure pour quitter le refuge (3815 m. 0h) et traverser la butte enneigée de l’Aiguille du Goûter (SSE, arête large au début), puis rejoindre directement la large pente (SE, 25-30º, quelques fissures transversales) qui va nous conduire jusqu’au sommet aplani du Dôme du Goûter (4304 m. 1h.30’).

Nous descendons sur le versant opposé (ESE, beaucoup de prudence en cas de visibilité réduite si on ne voit pas le tracé) jusqu’au grand Col du Dôme (4255 m. 1h.40’) et nous remontons pour rejoindre l’observatoire et le refuge Vallot (4362 m. 2h.). Nous continuons sur la partie supérieure de cette rampe enneigée (SE), qui se rétrécit et conduit à une arête enneigée où se distinguent les pinacles enneigés des Bosses (ESE, ils sont contournées par la gauche).

Une petite pause sur un replat (4490 m. 2h.30’), pour se préparer à remonter la pente de la Petite Bosse, à laquelle succède le début de l'arête enneigée (ESE, début peu incliné, puis plus en pente, SE et vertigineuse des deux côtés, rebord minimum sur le côté sud) qui va nous conduire au contrefort de la Tournette (4675 m. 3h.20’). L'arête tourne à gauche et est moins inclinée jusqu’à ce que le terrain devienne plus doux sur le vaste sommet du Mont Blanc (4808 m. 3h.40’).

PAR LE VAL VÉNY ET LE REFUGE GONELLA. LA VOIE DU PAPE

  • Saison recommandée: Juin et juillet. A la fin de l’été il y a un itinéraire délicat qui évite le glacier, ouvert et impraticable, par le contrefort des Aiguilles Grises.
  • Difficulté: PD (I ; 40º). Terrain glacier complexe dans la zone intermédiaire du glacier de Dôme. Section étroite de roche et de neige dans la zone du Piton des Italiens et sur l’arête sommitale (route du Goûter). Traversée longue sur des arêtes enneigées en hauteur (attention aux changements de température ou à l’exténuation).
  • Accès au refuge Gonella (6h; 1500 md). Ascension au sommet (7h.30’; 1830 md). Longue descente à une heure dangereuse sur le glacier (nuit dans le refuge Gonella). Il est fréquent de revenir par la route des Trois Monts jusqu’au col du Midi et de rejoindre ensuite le refuge Torino (descente en téléphérique à Courmayeur).
  • Avantages: Itinéraire très élégant, simple d’un point de vue technique (en l’absence de crevasses) et peu fréquenté.
  • Inconvénients: Approche longue et rude sur la zone initiale sur le glacier de Miage. Eloigné du sommet depuis le refuge Gonella. Tronçons crevassés sur le glacier du Dôme. Tracé peu marqué jusqu’à l’embranchement avec la route du Goûter.
  • Logement: Refuge Gonella (3072 m; CAI Torino, ouvert de la mi-juin à août avec repas servis, 42 places, 25 en refuge d’hiver tél. 390165885101).

ASCENSION

Le 1er itinéraire du versant sud-ouest du Mont Blanc de 1868, (F. A. Yeats-brown et J. Grange). En 1872 (T. S. Kennedy, J. Fischer et J. A. Carrel) accèdent au Mont Blanc par le glacier de Monte Bianco, atteignant la ligne de séparation avec le glacier du Dôme (où le refuge Quintino Sella sera installé des années plus tard) et tout le contrefort du Rocher du Mont Blanc qui rejoint l’arête des Bosses.

C’est en 1890 que les frères Bonin, L. Graselli, J. Gradin, A. Proment et Achille Ratti, nommé Pape Pie XI 32 après, décident d’emprunter cet itinéraire qui est considéré aujourd’hui comme la voie normale italienne, après avoir passé la nuit dans la cabane Vallot, qui était alors en construction.

JUSQU’À GONELLA

Le Val Vény peut être parcouru en véhicule ou en bus depuis Courmayeur jusqu’à la Visaille (1660 m. 0h), où il y a une aire de stationnement pour se garer.

Une ancienne piste monte jusqu’à l’ouverture de la vallée, sur le replat du lac de Combal (1950 m. 1h.) Sans l’atteindre, nous allons à droite par un sentier qui se rapproche du lac du Miage qui est caché et qui monte sur la moraine droite du glacier de Miage. Nous descendons au fond du glacier rocheux difficilement praticable et nous avançons près de cette rive en suivant les balises et les bornes (NNO, puis NO, roches avec glace en dessous) jusqu’à la tête de cette vallée aux dimensions dignes de l’Himalaya. Le contrefort des Aiguilles Grises marque le point où la vallée commence à s’incliner, avec un replat à sa base (2460 m. 4h.15’).

Nous avançons sur la pente qui vient de Bionnassay jusqu’à atteindre le début du sentier du Gonella à un point bien balisé (2600 m. 4h.50’).

Le chemin s’approche de la roche et se croise horizontalement à notre droite (E) pour entrer dans la vallée adjacente, en gagnant des mètres entre les rebords terreux, avec l’aide de chaînes sur les saillies, pour atteindre le refuge Gonella (3072 m. 6h.) entre éperons et roche brisée.

AU SOMMET

Il est recommandé de partir à minuit du refuge Gonella (3072 m. 0h.). Un sentier horizontal qui traverse des versants prononcés nous conduit à une épaule et à une pente latérale à travers laquelle nous arrivons sans plus tarder sur le Glacier du Dôme.

Nous escaladons un tronçon facile sur la rive droite (N) et en diagonal nous traversons vers le centre du glacier sur une zone plus plane. Des crevasses plus complexes apparaissent généralement à cet endroit, qu’il faut éviter à droite et à gauche. Nous arrivons par l’embranchement du glacier qui se trouve entre les contreforts qui descendent du Dôme du Goûter et des Aiguilles Grises. Un replat intermédiaire nous indique à gauche (NO, quelques crevasses transversales) une sortie assez simple sur la zone mixte qui se trouve au-dessus de la Tour supérieure des Aiguilles Grises. Nous atteindrons cette ligne de séparation au point le plus évident et au pied d’un tronçon supérieur qui est déjà praticable, culminant un petit col (col des Aiguilles Grises, 3810 m. 2h.50’) où il y a des traces de sentier assez faciles (NNE, quelques murs I, des roches brisées, également des sections enneigées) qui remontent la pente jusqu’à la cote rocheuse dénommée Piton des Italiens (4002 m. 3h.20’; borne).

Nous avançons vers la droite sur une ligne médiane qui offre rapidement une vire vers le nord et deux sections inclinées et étroites en montée (ENE), pour atteindre une première cote enneigée où il tourne légèrement vers la gauche et sur une pente glaciaire déjà plus large qui couronne (NE, deux tronçons) le Dôme du Goûter (4304 m. 4h.20’).

Lien vers l’itinéraire du Goûter au Mont Blanc (4808 m. 6h.30’).

PAR L’ITINÉRAIRE DES TROIS MONTS

  • Saison recommandée: Juin et été. Les versants du Mt Blanc de Tacul et du Mont Maudit sont très enneigés au printemps et trop crevassés en fin de saison.
  • Difficulté: PD (40º et jusqu’à 55º). Avalanches fréquentes au Mt Blanc de Tacul en début de saison. Crevasses importantes à la base de cette montagne et sur l’itinéraire de l’épaule du Mont Maudit (sections courtes jusqu’à 55º, voir impraticables).
  • Accès au refuge des Cosmiques (25’; 80 md). Ascension au sommet (7h.20’; 1700 md). Descente en empruntant le même itinéraire ou bien l’itinéraire du Goûter.
  • Avantages: Approche minimale et bon emplacement du refuge des Cosmiques. Itinéraire glaciaire élégant en altitude qui couronne trois pics de quatre mille mètres. Tronçon sommital peu difficile.
  • Inconvénients: Agglomérations dans les étapes clés du glacier (crevasses, rimaye), qui ne présentent jamais la même complexité. Traversée longue dans des zones confuses qui en l’absence de visibilité sont très exposées aux conditions climatiques difficiles. Tronçons obligatoires en dénivelé positif au retour. Le fait d’emprunter des moyens mécaniques jusqu’à l’Aiguille du Midi, cela est impossible autrement, ne permet pas d’avoir la sensation d’une ascension complète.
  • Logement: Refuge des Cosmiques (3613 m. Particulier, ouvert de fin février à septembre avec repas, 148 places, tel. 33450544016). Bivouac autorisé au Col du Midi.

L’alignement spectaculaire des montagnes qui atteint le Mont Blanc par le NNE offre une des lignes les plus sublimes de l’alpinisme à difficulté modérée ; et pendant les périodes de calme atmosphérique, il est possible de relier, dans la journée, les sommets du Mont Blanc du Tacul, Mont Maudit et le sommet maximum, mais avec l’aide du téléphérique de l’Aiguille du Midi et une bonne pré-acclimatation. Le premier itinéraire complet a été réalisé par R. Head, J. Grange, A. Orset et J. Perrod en 1863.

ASCENSION

JUSQU’AUX COSMIQUES

Nous prenons les deux tronçons du téléphérique de l’Aiguille du Midi (3750 m. 0h) à Chamonix et nous sortons par le tunnel qui conduit à l’extrémité supérieure du glacier du Géant (arête enneigée quelque peu exposée, cordes de protection) pour ensuite descendre à droite (S, puis SSO) sur une descente tranquille qui rejoint le plateau enneigé du col du Midi. Avant d’arriver au col et sur une saillie à notre droite se trouve le refuge des Cosmiques (3613 m. 25’).

AU SOMMET

Aux environs 1h.30du matin, il sera temps de revenir au glacier par la voie d’accès au refuge et ensuite descendre à droite jusqu’au replat glacé du Col du Midi (3530 m. 10’). Nous devons remonter le vaste versant du glacier qui se trouve à droite du contrefort rocheux, en s’élevant au-dessus (SSO) pour franchir la rimaye initiale, selon les conditions (en août mur à 55º, il y a parfois un pont artificiel qui peut devenir infranchissable).

Il faut ensuite remonter la longue pente (N, 30-35º, avalanches avec neige instable, parfois une autre crevasse importante apparaît) à la recherche de l’épaule située à droite, sur la zone sommitale (Epaule du Mont Blanc de Tacul), qui se poursuit ensuite sans complications à notre gauche (SE) jusqu’au sommet oriental de la montagne (4428 m. 2h.45’). Nous revenons à mi-chemin de cette épaule sommitale pour ensuite descendre, à gauche, une pente commode (S, 25-30º, confus en cas de visibilité réduite) sur le Col Maudit (4035 m. 3h.15’).

Nous montons maintenant en diagonal sur la droite (OSO) pour escalader le versant du glacier qui occupe le versant N du Mont Maudit. Nous gagnons de la hauteur au-dessus du centre de la vallée (SSO, 35º) pour ensuite traverser à droite (OSO) la zone moins prononcée qui permet d’accéder au col du Mont Maudit. La traversée finale vers la droite, ainsi que la rimaye et le mur qui en protège l’accès sont en générale des zones inclinées (45º, pieu de rappel au-dessus), mais généralement dotées d’un bon tracé.

Depuis le col réduit du Mont Maudit (4345 m. 4h.50’) nous atteignons le sommet du Mont Maudit (4465 m. 5h.15’).

Nous refaisons un morceau du même itinéraire et nous descendons ensuite au col de la Brenva (4300 m. 5h.45’). Une pente à droite (SO) nous rapproche du point culminant enneigé dénommé Mur de la Cote (saillie de 35-40º en général, en cas de rimaye, cela peut être beaucoup plus compliqué).

De là, il n’y a plus qu’une interminable pente enneigée (S, 300 mètres de dénivelé à haute altitude) qui culminera au sommet du Mont Blanc (4808 m. 7h.20’).

PAR L’AIGUILLE DE BIONNASSAY

  • Saison recommandée: Eté jusqu'à la mi-août. Les sections rocheuses de la voie normale de Bionnassay ne doivent pas être enneigées, mais la crête enneigée sommitale ne doit pas être glacée. Le glacier de Miage peut présenter quelques crevasses traîtresses à la fin de l’été.
  • Difficulté: PD sup. (III+; arête enneigée, sections à 40º). Roche brisée et tracé confus dans la montée au refuge Durier. La voie “normale” de Bionnassay est réputée difficile et longue, il faut ensuite descendre par l’arête enneigée jusqu’au col qui porte le même nom.
  • Accès au refuge Durier (7h; 2300 md). Ascension au sommet (8h; 1770 md). Descente par l’itinéraire du Goûter.
  • Avantages: Arête élégante bien foulée sur la roche, très élégante sur la neige et avec un camp de base optimal au refuge Durier. Il est possible de rentrer par le Dôme du Goûter sans continuer à escalader le Mont Blanc si nous sommes en retard.
  • Inconvénients: approche longue sur un terrain risqué jusqu’au refuge Durier. L’éperon SSO de Bionnassay nécessite d’être habitué aux aventures alpines et présente deux longueurs d’escalade à protéger. En-haut il y a des tronçons mixtes (II) et enneigés (40º) jusqu’au sommet.
    L’impressionnante arête enneigée de Bionnassay, dont la difficulté est modérée dans de bonnes conditions, se complique sur la glace, sur la neige fraîche ou lorsque les conditions météorologiques sont défavorables (protection difficile).
  • Logement: Refuge Durier (3355 m. CAF Saint Gervais, ouvert toute l’année et avec garde occasionnelle de mi-juin à mi-septembre ; 14 places; tél 0689532510; lits superposés avec matelas et couvertures ; en été, il y a généralement de l’eau l’après-midi dans un creux au début de la descente vers les Contamines).

Escalader le Mont Blanc sur toute son arête SO est une activité sublime, en commençant sur les Dômes de Miage ou directement sur l’arête de Bionnassay, comme nous le proposons ici pour ne pas rallonger de trop l’itinéraire. Cette spectaculaire arête enneigée de Bionnassay constituera en soi un souvenir inoubliable de notre histoire alpine. Si on se penche un peu sur l’histoire de l’alpinisme, après la première ascension spectaculaire de l’Aiguille de Bionnassay par la face nord-est de la montagne (E Buxton, F Grove, R MacDonald, J Cachet et M Payot, 1865), l’arête SSO fut escaladée en 1885 par G Gruber, K Maurer et A Jaun. Un mois après, K Richardson, E Rey et J Bich ont réalisé toute la traversée jusqu’au Dôme du Goûter.

ASCENSION

JUSQU’AU REFUGE DURIER

Trois kilomètres avant d’atteindre le centre Les Contamines Montjoie, un embranchement étroit goudronné apparaît à gauche qui rejoint le village de la Gruvaz (1130 m. 0h.). Un chemin mène immédiatement au cours étroit du torrent de Miage et permet de passer sur la rive gauche. Il ne faut pas suivre les chemins des gorges, mais monter (S, droite, ensuite gauche) jusqu’à la ferme de Chosal (1205 m. 15’), déjà bien éloignée du torrent.

Ici nous rejoignons un embranchement de piste qui monte (S) par la forêt jusqu’au hameau de Maison Neuve, puis (gauche, ENE) de nouveau sur les rives du torrent du Miage dans les vastes prairies qui entourent le Chalet de Miage (1560 m. 1h.10’; accessible en taxi depuis Saint-Gervais). Nous quittons la route des randonneurs du col de Tricot et nous avançons à travers les prés (droite, SE, plusieurs cours d’eau) en cherchant la tête de la vallée pour apercevoir un petit sentier qui se distingue parmi les éboulis (E) et qui monte ensuite à gauche esquivant les difficultés sur un contrefort (ENE) qui se détache de la pointe Chapelland sur l’arête de Tricot. Déjà assez haut au-dessus de la vallée, nous trouvons un tracé latéral et nous avançons à l’horizontal sur la droite (ESE) jusqu’à atteindre, au pied d’une saillie rocheuse, le refuge du Plan Glacier (2730 m. 4h; Privé, 20 places; repas et garde occasionnelle de mi-juin à mi-septembre).

Un tracé continu (SE) en très légère pente sur la base du rocher et vers la tête de la vallée de Miage, on franchit ensuite un premier contrefort latéral (balises, passages I, quelque câble), puis un glacier (E) suivi d’un nouvel éperon à franchir (SE, câble délabré, bornes puis descente en pleine crête jusqu'à des rampes menant jusqu’au glacier, S). Une fois les câbles terminés il faut désescalader (II, tronçons polis, corde utile) sur une plaine glaciaire typique, que nous traversons (SE, cote 2800. 4h.55’) plus ou moins jusqu’au pied du contrefort qui protège l’accès au col de Miage.

Ensuite un canal rocheux s’ouvre à droite, indiqué par des balises rouges, et vers lequel nous devons nous diriger (S, en général il y a des crevasses jusqu’à début août). Nous grimpons (II-, roche brisée) jusqu’à atteindre un contrefort latéral, puis nous continuons à gauche sur les zones plus praticables (I+). Le tracé est évident, en été, il s’agit principalement de roche (balises, zones piétinées, roche pauvre) sur l’interminable mur terreux qui va nous conduire (E) au col Durier (3355 m. 7h.). Après avoir atteint le col, un plateau s’ouvre avec, à gauche, le confortable refuge Durier.

JUSQU’AU SOMMET

Nous avançons sur la roche au-dessus du refuge Durier (3355 m. 0h) et nous franchissons une première saillie qui mène à une pente vers le côté italien où il est facile de monter entre éboulis et roche ferme (NE, traces de passage). En-haut, nous remontons la pente enneigée qui culmine une arête enneigée horizontale (N, éviter les corniches, 3600 m. 50’). Un tronçon mixte nous oblige à chercher les meilleurs passages (I+) et culmine une cote après laquelle nous retournons à gauche sur l’arête enneigée qui atteint un col agréable, au pied de la saillie clé de la montagne (3780 m. 1h.45’).

L’accès se trouve maintenant au-dessus de nous, une trace à droite atteint le pied de l’évident dièdre-cheminée d’où l’on descend en rappel. Nous montons entre dièdres et plaques (III+, IV) jusqu’à la brèche en s’aidant de parabolts.

Le dernier tronçon de la crête offre plusieurs saillies mixtes qui se franchissent un peu à droite (II, un peu exposé) et atteignent une arrête enneigée où nous escaladons, à gauche, (40º, assez exposé) la butte sommitale de l’Aiguille de Bionnassay (4052 m. 3h.30’).

Nous descendons maintenant légèrement à droite de l’arête (NE, ensuite ENE, avant les cimes) sur une crête assez facile mais qui commence à rétrécir et nous oblige à contourner une corniche caractéristique. Nous pouvons ensuite à nouveau passer du côté italien, sur une pente chaque fois plus facile qui rejoint le spectaculaire col de Bionnassay (3888 m. 4h.25’).

Nous gagnons maintenant de la hauteur en face, en évitant quelques corniches et sur l’arête enneigée (E, puis ESE), puis en haut sur un sol rocheux qui offre des traces de passage relativement faciles, un peu à droite de l’arrête (roche brisée) pour atteindre ensuite le Piton des Italiens (4002 m. 4h.50’).

Nous rejoignons ici l’itinéraire de Val Veny et le refuge Gonella, qui couronne le Dôme du Gouter (4304 m. 5h.50’; descente possible vers le refuge du Goûter) et, déjà sur la route du Goûter, le sommet du Mont Blanc (4808 m. 8h.).

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