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BLOG DE MONTAGNE | INFOS | 24 Février 2015

Expédition au Nanga Parbat 2015: cette première tentative hivernale réalisée par Alex Txikon et son équipe a des chances d'atteindre le sommet !

Alex Txikon: “Nous avons travaillé très dur et réalisé la partie la plus difficile de l'expédition. Si les conditions météo le permettent, nous devrions pouvoir atteindre le sommet.”
Tentative de la première ascension hivernale de l'histoire du Nanga Pabat : un petit point sur les dernières avancées et les particularités de cette expédition

Depuis le Camp de base du Nanga Parbat à 4000 mètres d'altitude

Il est difficile d'imaginer le travail réalisé par cette équipe internationale d'alpinistes sur le Nanga Parbat depuis début janvier 2015, mais il semble donner enfin ses fruits : peu d'expéditions, sur les plus de 20 qui ont tenté d'atteindre le sommet du Nanga Parbat en hiver, sont arrivée aussi loin.

Pourquoi autant d'espoir?

Simplement parce qu'au cours des 30 dernières années, seulement deux expéditions ont atteint les 7.800 mètres en hiver, et la dernière il y a moins d'un mois, avec la française Elisabeth Revol et le polonais Tomez Mackiewicz. Mais les voies choisies par ces expéditions arrivaient loin du sommet, et il restait 300 mètres de dénivelé très compliqués, depuis cette altitude pour atteindre le sommet, ce qui les a obligé à faire demi-tour.

Cependant, la route Kinshofer, choisie par Alex Txikon, est différente: les premiers 2.500 mètres de muraille sont très complexes, engagés et techniques, mais une fois passés, le sommet reste a portée de main.

Une autre différence significative de cette expédition sponsorisée par Barrabes est que tous les membres de cette équipe internationale, composée par un basque, deux pakistanais, trois iraniens et un italien, sont considérés comme des alpinistes à part entière, sans les traditionnelles relations “patron-employés”. D’ailleurs les iraniens et l'italien faisaient parties d'expéditions différentes qui se sont regroupées autours de celle menée par Alex Txikon et son équipe.

Ceci représente une première dans l'histoire de l'alpinisme et il est probable que cela ouvre une nouvelle ère dans la manière de comprendre les relations entre occidentales, népalais et pakistanais. Beaucoup affirment qu'aujourd'hui, ceux-ci ont le même niveau, ou un niveau supérieur, que les alpinistes occidentaux, mais en générale ils participent à ce genre d'expéditions comme de simples employés, et travaillent pour d'autres qui s'attribuent ensuite les mérites des grandes voies.

Alex Txikon, très conscient de ces problèmes, a été le principale acteur de cette sélection d'alpinistes orientaux et l'équipe qui va tenter l'ascension finale au sommet sera composée par tous les membres de l'expédition: Alex Txikon, les iraniens Mahmood Hashemi, Iraj Maani et Reza Bahadorani, les pakistanais Ali Sadpara et Muhammad Kan, et l'italien Danielle Nardi.

Interview de l'alpiniste Alex Txikon, avant la première tentative d'atteindre ce sommet 8125 m en hiver

Comment décrirais-tu le travail que vous avez réalisé jusqu'ici?

Hummm... très, très dur. Je pensais que cela allait être dur mais pas autant. Maintenant je sais pourquoi il n'avait pas été possible de dépasser les zones techniques pour arriver aussi haut que nous sommes arrivé.

En plus du froid et du vent de l'hiver dans le Karakoroum, qui compliquent énormément les choses, la route change en cette saison. Terrain de roche mixte, et surtout beaucoup de glace vive. Dans leur état actuel, ces 2500m sont comparables en difficulté au K2 avec de mauvaises conditions, ouvrant la route et en plein hiver.

C'est un travail psychologique très important. Soudain, a -30ºC et complètement gelé, il faut ouvrir 100m de glace vive où il est impossible de s'assurer, et il faut s'exposer. Physiquement s'est épuisant, il faut porter des charges très importantes, jusqu'à 25 Kg par personne.

Cependant, le fait d'être une équipe forte et unie permet de continuer et d'aller de l'avant. Nous avons travaillé comme jamais, en vérité. Afin de préparer la descente, nous avons installé 2,550 m de cordes fixes sur la montagne.

Tu pourrais nous décrire cette muraille, la partie que vous avez ouvert jusque-là?

Je savais que du Camp 1 au Camp 2 il avait des difficultés, mais je ne m'attendais pas ce que nous avons trouvé sur place. Terrain très technique, très vertical, en glace vive, avec peu de possibilités de s'assurer. Là nous avons ouvert Ali et moi. Dans les zones les plus complexes pour trouver la route, Ali Sadpara ouvrait. Quand tu es en train d'ouvrir une voie avec ces températures il est nécessaire d'être très efficace, donc dans les zones où il est plus difficile de trouver une voie dans la muraille, c'est Ali qui ouvre, car il sait par où passer car il a déjà atteint deux fois le sommet du Nanga, et moi je me charge du matériel. Comme ça nous allions plus vite. Il a ouvert des longueurs incroyables, c'est un alpiniste hors paire.

Ensuite, du camp 2 au Camp 3, on nous avait dit que c'était plus simple, mais en réalité, ce n'a pas été le cas. En plus dur mur Kinshofer, très technique et exigent, le reste est très physique et exposé. D'abord les deux tours de roche, ensuite un champ de glace vive très dure, qui en été est un champ de neige mais en hiver se complique beaucoup. Et ensuite, quand tu penses que tu es arrivé, apparaît une arrête technique en mauvais état.

Comme je l'ai dit plus haut, les presque 2.400m de route que nous avons ouvert, dans les conditions actuelles, sont comparable à ouvrir la route du K2, et avec des conditions climatiques extrêmes.

Mais une fois que vous avez réussi a dépasser cette muraille, vous avez fait le plus dur...

En effet! Nous avons installé 2.550 mètres de cordes, ce qui n'est pas rien. Cela nous permet de monter de nouveau maintenant, et surtout, cela nous permet de descendre en sécurité. Il reste quelques zones moins compliquées jusqu'au Camp 4, nous avons calculé que nou devrons sans doute installer 50m de corde en plus, surtout pour garantir la descente, et ensuite, si les conditions météo le permettent, nous serons en conditions d'attaquer le sommet.

Car choisir cette route présente l'inconvénient de la partie basse, et personne n'était arrivé aussi haut que nous en hiver. Mais depuis le Camp4, que nous avons à portée de main, il reste 12 heures de terrain facile , avec un piolet dans une main et un bâton dans l'autre, en comptant l'enfer qu'est cette montagne en hiver, bien sûr. Il faudra que les conditions climatiques nous sourient, et nous préparer pour supporter le froid et le vent, ce qui n'est pas rien.

Les autres routes possibles ne sont pas aussi compliquées, mais elles arrivent loin du sommet. Tu arrives à 7.600m, comme les russes le mois dernier, et tu es encore à deux ou 3 jours du sommet, avec un terrain complexe, technique et incertain, et presque autant pour le retour. Il est arrivé la même chose à Elisabeth Revol et Mackiewicz, qui sont arrivés il y a quelques semaines à la plus haute altitude de l'histoire, 7.800m, mais le sommet restait inatteignable.

Et donc, quelles probabilités avez-vous d'atteindre le sommet?

C'est difficile à dire...Le travail le plus technique et exposé est fait. Je dirais que nous avons 25% de chances.Mais on en sait jamais... le Karakoroum en hiver est le Karakoroum en hiver, et la complexité technique est seulement une part du jeux. Ce n'est pas pour rien que ce sommet n'a jamais été atteint en cette saison, même avec le nombre d'expéditions qui ont essayé.

Mais il est vrai que cela semble réalisable et que nous avons une possibilité que très peu on eu jusqu'à présent d'atteindre la cime.

Quels sont vos plans?

Il semble qu'ils annoncent une fenêtre de beau temps à partir du mercredi 24 février. Nous partirons donc le dimanche, pour pouvoir en profiter une fois en haut. Peu à peu... lundi le Camp1, mardi Camp2, mercredi le 3... et de là nous pourrions être en deux jours au sommet.

Cependant, il reste un mois d'hiver, il est donc clair que nous n'allons pas nous précipiter. Si le vent ou le froid nous rejettent, nous redescendrons. Nous avons du temps, il s'agit juste d'affiner la stratégie, pas de forcer sans penser. Ici le risque est élevé et n'a rien a voir avec un 8.000 en saison.

Comment supportes-tu le mal d'altitude? Avec ce que vous vez fait jusqu'à présent, sur un autre 8.000, vous seriez presque au sommet

Et bien, je le supporte mieux que je pensais mais c'est vrai que c'est brutal. Mais il y a quand même un avantage: le camp de base est très confortable, car il est juste à 4.000 mètres. Rien à voir avec le froid et les conditions que j'ai trouvé dans les Gasherbrum en hiver à 5.000 m. Tu vis plus commodément, et surtout tu te reposes mieux entre les attaques, et donc tu t'uses moins. Mais ensuite... il faut travailler beaucoup plus.

L'intérieur du camp de base

Que penses-tu de l'équipe que vous avez formé?

Très, très bien! Cette montagne est très dure, comme tous les huit milles en hiver mais aussi très technique. Ali, comme je l'ai dit, est un grand alpinistes. Les iraniens sont des guides UIAGM, et font parti de l'élite de leur pays, dans lequel il y a de plus en plus d'alpinistes qui réalisent des choses importantes au niveau international. Et Danielle Nardi, qui s'est uni à notre équipe il y a peu, nous a beaucoup aidé pour arriver du camp 2 au camp 3.

Nous sommes un groupe de personnes résistantes, habituées à ouvrir mais aussi avec une grande technique alpiniste, et beaucoup d'expérience pour accepter le risque.

Alex Txikon et Ali Sadpara de l'expédition sponsorisée par Barrabes

Et ensuite au niveau humain...Ali est incroyable. Exceptionnel. Je donnerais ma vie pour lui et je suis sûr qu'il ferait la même chose pour moi. J'apprécie beaucoup son caractère, sa manière de penser, d'agir et sa forme de comprendre l'alpinisme.

Les iraniens... sont géniaux, très sympas. Et Danielle à toujours le sourire à la bouche...nous sommes très unis.

Dans la presse pakistanaise, il se dit qu'en Occident Ali et Muhamad sont traités comme des parties intégrantes de l'expédition, comme un italien ou toi-même, et que c'est la première fois que cela arrive.

Oui... je trouve cela génial. Ils le méritent pleinnement. Ils sont aussi préparés ou plus que n'importe qui. Cela fait longtemps que l'on dit ça, mais en réalité, ils vont à la montagne comme main d'oeuvre payée. Ensuite les autres s'accrochent les médailles.

Cette fois si c'est différent. Ce sont des amis, et depuis le départ, il n'y a pas eu de différence dans le groupe, comme si nous étions tous des alpinistes occidentaux. Ici nous sommes tous alpinistes.

C'est pour cela, comme nous sommes une équipe unie et que nous sommes tous des alpinistes à part entière, que tout le monde prendra part à la prochaine attaque au sommet.

Il est évident que Danielle, Ali et moi, qui avons été plus en altitude, et avons dormis à 6.700m, nous avons l'avantage d'être acclimatés. Mais nous irons tous. Les iraniens et Mouhamad ont eu quelques problèmes physiques que les a retardés, mais maintenant nous allons faire la tentative ensemble. Il est possible qu'en haut la montagne mette chacun à sa place, mais l'idée est de rester unis.

Bonne chance Alex, et merci pour ton temps.

A vous!

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