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BLOG DE MONTAGNE | INFOS | 06 Mai 2014

Le français Yannick Gagneret est décédé sur les pentes du Makalu, au Népal

La page Facebook officielle « Objectif8000 » annonçait le 3 mai dernier la triste nouvelle

Yannick Gagneret

Le Jurassien Yannick Gagneret, âgé de 38 ans n'était pas un néophyte de l'alpinisme, mais samedi dernier, la page Facebook d'expéditions « Objectif8000 » annonçait une triste nouvelle pour le monde de la montagne : « Une terrible nouvelle pour la famille, les camarades et les amis de Yannick. Yannick est décédé sur les pentes du Makalu ».

L'himalayiste avait débuté l'ascension du cinquième sommet plus haut du monde le 13 avril au matin et sa dernière position connue remontait au 30 avril dernier, en milieu d’après-midi. Selon la page Facebook de l'expédition « Makalu 2014 », le 28 avril il se trouvait au camp 2, en principe sous le col du Makalu et devait rallier le camp 3 situé au col à environ 7000 m d'altitude. En l'absence de précisions, il est difficile de savoir ce qui s'est passé, mais nous venons de recevoir le triste témoignage de l'alpiniste espagnol Ferrán Latorre, qui avec l'australien Ralph Schweizer a tenté de sauver la vie de Yannick, sans succès.

Ferrán Latorre, alpiniste espagnol qui se trouve aussi dans le Makalu, raconte maintenant dans son blog l'opération de sauvetage qu'il a mise en place le 2 mai avec l'australien Ralph Schweizer pour aider Yannick Gagneret à redescendre. Yannick se trouvait dans le camp de base 2, en très mauvaise santé, et ils ont tenté de sauver sa vie en l'aidant à descendre jusqu'au camp de base, mais malheureusement, celui-ci est décédé peu après avoir atteint le camp de base 1, où un groupe avec de l'oxygène et un brancard les attendait. Tous leurs efforts ont été en vain et Ferrán raconte cette expérience comme étant la plus dure de sa vie en montagne.

« Avant de venir ici, le Makalu était mon huit-mille préféré. Les souvenirs que j'avais des tentatives au Pilier Ouest ont converti cette montagne en un temple rassemblant les valeurs les plus authentiques de la montagne. Sur le pilier Ouest, je me souviens d'avoir grimpé sur ce rocher rouge à 7 600 m, et à la longue ça a fini par être l'endroit le plus incroyable que j'ai jamais visité ».

Dans le camp de base du Makalu, la montagne de Lionel Terray, Jean Couzy et Yannick Seigneur, il a trouvé une agréable surprise : le français Yannick Gagneret, avec lequel il avait aussi partagé le camp de base du Lhotse, il y a juste un an.

Le 1er mai ils ont dormi dans le camp 2 de cette montagne, situé à 7 400 mètres. Le 2 mai au matin, Yannick montrait des signes clairs d'œdème cérébral. Ralph et Ferrán ont alors décidé de descendre avec lui. « Nous sommes restés l'australien Ralph Schweizer et moi même pour aider Yannick à redescendre jusqu'au Camp 1 durant 5 longues heures, au travers d'un terrain compliqué et avec un temps de chiens. »

Ils lui ont administré son traitement et commencé la descente vers 10 heures. « Il ne pouvait ni tenir debout, ni faire un seul pas tout seul et lui-même s'était rendu compte de la gravité de la situation, de laquelle il n'était pas tellement conscient lorsqu'il était couché dans la tente. Le parcours était le plus mauvais pour un sauvetage, une partie en diagonale, en terrain mixte, avec des centaines de gradins et des pas courts à la verticale. Nous le descendions couché, de côté... ils collaborait avec nous comme il pouvait. Je crois que Ralph et moi avons formé une bonne équipe : nous étions épuisés, n'avions presque rien bu ni mangé pendant les 24 dernières heures, fatigués et sans acclimatation, nous nous sommes vites coordonnés. Nous avons animé Yannick sans arrêt et malgré les nombreuses pauses nécessaires, il continuait à être assez conscient et il obéissait à nos indications. »

Ils avaient de l'espoir, car Yannick n'allait pas mieux, mais il n'empirait pas non plus. Ils attendaient aussi l'arrivée des renforts, ils se coordonnaient par radio avec Chris Warner et le docteur d'Himalayan Experience. Parcourir la dernière partie jusqu'où se trouvait le groupe de renfort et plusieurs sherpas de différentes agences, fut le plus dur, « nous devions encore descendre le dernier mur. Le sauvetage s'est ralenti, le temps a commencé à être infernal. »

Finalement, vers 15 h, ils ont rencontré Chris Warner, Dan Jenkins et Lakbah qui les attendaient avec de l'oxygène et un brancard un peu au dessus du camp 1, situé à 6 700m d'altitude. « J'ai serré Chris dans mes bras, un vieil ami américain. Puis Ralph et moi nous sommes serrés très fort, nous étions très touchés et je n'oublierai jamais cette accolade : nous avons tout donné de nous-mêmes et je crois que ce 2 mai représente l'une des expériences les plus dures de ma vie comme alpiniste. Rien n'est comparable aux regards que nous avons échangé avec Yannick. Rien n'est comparable à l'effort que nous avons fait mètre à mètre pour le redescendre. Rien n'est comparable, ni le sera jamais, aux pas que nous avons fait ensemble tous les trois. »

Mais ça n'a pas été possible. Entre le camp 1 et le camp de base, Yannick n'a plus tenu et il est décédé. « Je ne me fais pas encore à l'idée et je sens un certain désarroi par rapport à mes décisions et au rôle que j'ai adopté. Je me sens comme le médecin qui n'a pas pu sauver la vie de son patient. »

« Je voulais juste remercier tous ceux qui ont collaboré lors de l'opération de sauvetage, c'est-à-dire, quasi tout le monde. Et je voulais surtout présenter mes condoléances à la famille et aux amis de Yannick. »

Repose en paix

Sources :
Blog Ferrán Latorre
Facebook Objectif8000

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