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BLOG DE MONTAGNE | INFOS | 17 Octobre 2013

Chronique, premières photos et vidéo d'Ueli Steck lors de son ascension/descente express en solitaire à la face sud de l'Annapurna

« Nous avons commencé le 9 Octobre à 5h30... Le 10 Octobre 2013 nous étions tous de retour dans le camp de base à 9h30. »


Source de la chronique d'Ueli Steck : http://www.uelisteck.ch/

Photos : PatitucciPhoto (galerie de photos complète dans le blog d'Ueli Steck)

« Depuis que nous sommes arrivés, notre équipe de travail a fonctionné parfaitement. Nous avons installé notre camp de base avancé à 5000 mètres. Tenji et Nima nous apportaient toujours des aliments frais là haut. Les conditions météo ont été très bonnes jusqu'au 3 Octobre 2013. Alors, coïncidant avec mon anniversaire, le 4 Octobre le temps a empiré et nous nous sommes vus obligés de retourner au camp de base.

Deux jours après, lorsqu'il pleuvait, nous sommes retournés au camp de base avancé. Don est venu plus tard, il voulait attendre que la météo s'améliore. Il avait beaucoup neigé et nous avons décidé d'attendre encore un jour, pendant lequel nous avons observé la paroi. Nous voulions savoir dans quel état elle se trouvait. Nous avons passé la journée ensemble. Il faisait beau dans le camp de base avancé et le soleil s'est investi tout au long de la journée pour que la neige puisse durcir.

Le 9 Octobre nous avons démarré à 5h30. Dan Patitucci et Jonah, Don Bowie et moi. Nous sommes allés jusqu'à la base de la paroi. Dan Patitucci et Jonah se chargeaient des photos.

Enfin tout allait bien. Il faisait beau mais les vents étaient assez forts. Don Bowie, mon partenaire, a décidé en arrivant à la rimaye de ne pas commencer l'ascension. Il disait qu'il était trop risqué de monter sans corde. C'était pourtant la prémisse de base pour une escalade comme celle là. J'ai donc continué en solitaire depuis la rimaye.


PatitucciPhoto
Voie suivie par Ueli Steck. Photo : PatitucciPhoto

Au début il fut un peu difficile pour moi de m'habituer à l'idée que je grimpais en solo. Mais les bonnes conditions météo m'ont aidé et je me suis vite concentré sur l'escalade. Une fois de plus, tout allait pour le mieux. Nous avions laissé un peu d'équipement à 6100 mètres. Les semaines précédentes nous avions fait l'acclimatation en paroi et nous avions laissé une corde, une tente, un réchaud et un peu de nourriture.

J'ai mis la tente et le réchaud dans mon sac à dos, en laissant la corde là-bas, car je transportais déjà une de 6 mm depuis le camp de base. J'ai aussi laissé le sac de couchage, le gaz et un peu de nourriture pour alléger mon sac à dos.

L'escalade de la paroi fut relativement facile. À partir de 6600m il faisait beaucoup de vent. Je suis monté jusqu'au mur final, où je voulais installer ma tente et attendre. J'avais différentes possibilités : attendre que le vent soit moins fort et je puisse continuer ou redescendre le lendemain.

Comme je n'ai trouvé aucun endroit protégé, j'ai commencé à redescendre. 100 mètres au-dessous j'ai trouvé une fissure, un endroit parfait pour un bivouac, où j'ai pu installer ma tente protégée du vent et de la neige. J'ai mangé et j'ai bu pendant que le soleil se couchait. Et tout d'un coup, tout était calme, comme il s'était passé dans le camp de base avancé la nuit précédente. Bientôt il a fait nuit, tout était calme à nouveau. C'était mon opportunité.


PatitucciPhoto
Steck perdu au milieu de la face sud de l'Annapurna.


PatitucciPhoto
Steck de plus près.

J'étais sûr que le lendemain le vent reviendrai. Donc c'était la seule opportunité que j'avais d'atteindre le sommet, pendant la nuit. Le mur avait une ligne de glace facile à suivre pendant la nuit.

À peu près une heure plus tard, j'abandonnais mon bivouac et continuait mon escalade. Pendant quelques tronçons la glace était très fine et j'ai dû grimper sur le rocher à deux reprises. L'inclinaison, de façon surprenante, n'était pas complètement verticale. Donc le terrain était idéal pour grimper en solo.

Tandis que je puisse grimper, je serais extrêmement efficace. C'est tout ce que je pensais. Le « thin air » (ou air fin, expression utilisée en anglais pour décrire le manque d'oxygène en altitude) n'était pas encore celui de la zone de mort. À cette altitude là, je pouvais encore bouger assez rapidement. Le seul problème était le froid.

Deux heures auparavant, pendant qu'il faisait encore jour, je voulais prendre en photo le mur final pour avoir une idée d'où je me trouvais pendant la nuit. Mais tout à coup un embrun de neige m'a atteint et j'ai seulement pu m'accrocher à mes outils de glace pour ne pas être arraché du mur. À ce moment là j'ai perdu un de mes gants extérieurs en duvet et ma caméra. Donc maintenant je devrais grimper avec mes gants internes. J'alternais le couvre-gants de la main gauche que je conservais avec la main droite, selon si j'avais froid dans une main ou dans l'autre.

Le mur final s'est révélé plus court que je ne pensais. Il est difficile de calculer le nombre de longueurs, car je n'ai pas utilisé de corde. Par instinct, je me suis retrouvé dans la dernière partie assez vite. À cet instant là je me suis rendu compte d'où j'étais et ce que cela vraiment signifiait. Maintenant il était uniquement question de lutter contre le vent.

Petit à petit je continuais et je me disais « lutte, allez lutte ». Une fois après l'autre. Quand j'ai atteint l'arête qui sert de sommet, je pouvais à peine y croire. Il faisait nuit, le ciel était comblé d'étoiles et l'arête descendait devant moi.

À l'aide de mon altimètre j'ai tout vérifié minutieusement. J'ai suivi l'arête et j'ai revérifié : j'avais alors atteint le point le plus haut.

Je n'ai même pas passé cinq minutes là haut, j'ai tout de suite commencé à descendre. J'étais encore en tension. Mon objectif était maintenant d'atteindre la rimaye. Alors tout irait bien!

Tenji, Don et Dan m'attendaient dans le glacier. Ils avaient suivi mon ascension tout le temps. Ils venaient vers moi. Tenji m'apportait une Coca, du pain et une pomme.

Tout simplement génial. J'avais réussi. Tout était fini. À partir de ce moment là, c'étaient les autres qui allaient prendre les décisions. La tension est disparue en moi.

Le 10 Octobre 2013 à 9h30 nous étions tous de retour au camp de base.”


Ueli Steck

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