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BLOG DE MONTAGNE | INFOS | 30 Mai 2013

Everest : 60 ans après sa conquête, le toit du monde serait-il devenu un « parc d'attraction comme les autres » ?

Le pic tant convoité fête les 60 ans de sa première expédition. A ce titre, des centaines d'alpinistes, plus ou moins expérimentés, se sont donnés rendez-vous au sommet, créant de ce fait des embouteillages
Petit retour aux sources de la conquête, le 12 avril 1953 :

Le 12 avril 1953, l'expédition britannique dirigée par Jonh Hunt établie son camp de base sur les contre-forts de l'Everest. Après 48 jours d'expédition, à 11h30 le 29 mai, l'alpiniste néo-Zélandais Edmund Hillary et le sherpa népalais Tenzing Norgay, arrivent enfin à la cime.

Ils font parti d'une expédition britannique qui réuni plus de 400 personnes, 362 porteurs qui transportent les 8 tonnes de matériel au camp de base, 34 sherpas qui transportent le matériel utile à l'ascension, 9 alpinistes et 4 autres personnes britanniques. Seulement deux membres du groupe arrivent au sommet.

Aujourd'hui, l'Everest est devenu le symbole d'une montagne souffrant d'un tourisme de masse, avec des conséquences plutôt mitigées :

Edmund Hillary a ouvert la porte aux férus d'alpinisme et à tous ceux qui cherchent à se dépasser en tentant, depuis six décennies, de gravir le toit du monde. Cette année, ils ont été 500 à poser le pied au sommet dont Yuichiro Miura, un japonais de 80 ans, Arunima Sinha, une unijambiste indienne et Nacer Ibn Abdeljalil, le premier marocain à avoir gravi l'Everest...

Que penser de cet engouement pour l'Everest ? Le constat est mitigé. Du fait de sa popularité, la plus haute montagne connaît beaucoup de pollution. En cette semaine si particulière, l'Himalaya a été pris d'assaut par des centaines d'alpinistes expérimentés ou amateurs, ce qui a crée de nombreux embouteillages au sommet. Cette affluence réjouit autant qu'elle inquiète les gardiens de la montagne. Si l'on en croit Tashi Tenzing, fils du légendaire sherpa, la question qui domine aujourd'hui est celle de la préservation des sommets et de leur écosystème. Bien que l'alpinisme himalayen soit une ressource économique conséquente pour le Népal, Tashi Tenzing estime qu'il faut « méditer sur ce que nous avons fait à ces montagnes ». En ce 60ème anniversaire, les célébrations s'accompagneront d'ailleurs d'une campagne de nettoyage sur les flancs de l'Everest, encombrés de détritus.

En 60 ans, l'Everest a reçu des milliers de visiteurs pas toujours respectueux envers l'environnement. Ce sont des tonnes de détritus qui se sont accumulées au cours de ces années, mettant ainsi en péril l'écosystème du plus haut sommet du monde. Au bord du désastre écologique, une équipe de volontaires révoltés se sont lancé en 2010 dans un grand nettoiement des sommets : une mission délicate et périlleuse dans une zone située à plus de 7000 mètres d'altitude, l'oxygène se faisant donc rare. Dans ces conditions dantesques qui lui ont valu le surnom de « zone de la mort », les volontaires déterminés ont ainsi découvert un sommet jonché de bouteilles d'oxygène, de vieux drapeaux de prières, de cordes, de vieilles tentes, de gaspillage alimentaire et plus inquiétant encore, de quelques cadavres d'alpinistes qui ne sont jamais parvenus jusqu'au sommet. De quoi enlever un peu de magie aux lieux. Pour mener à bien la mission, le groupe de volontaires avait prévu de réaliser plusieurs expéditions qui devaient permettre de ramener plusieurs kilos de déchets à chaque fois. Finalement, il aura fallu trois ans de combat contre la pollution pour que cette équipe de nettoyeurs touche à son but. Au cours de ces trois années, ils auront collecté 10 tonnes de déchets !

Pour éviter que ce désastre se reproduise, le groupe de volontaire ne s'est pas contenté de ramasser les déchets : un système de gestion des détritus pour les habitants et les touristes a été également mis en place. Ainsi, 15 installations de traitements des déchets ont été disposées afin de conserver et de protéger à long terme la biodiversité du parc national Sagarmatha, au Népal qui comprend la partie sud du mont Everest.

Le futur passe sans aucun doute par la gestion touristique et la sensibilisation afin de sauvegarder le toit du monde 

Comme l'indique Tashi Tenzing, fils du légendaire sherpa, il va falloir que les autorités népalaises trouvent un juste milieu entre le développement économique apportée par le tourisme, la massification des camps tout au long de la voie du col Sud, avec les embouteillages de plus en plus fréquents et les risques qu'ils comportent pour les alpinistes, et bien sûr, le coût écologique pour le milieux très fragile qu'est la montagne la plus haute du monde...

L'Autrichien Kurt Luger, à l'origine de l'équipe de volontaires qui a descendu plus de 10 tonnes de détritus en trois ans sur les pentes de l'Everest, explique : "La prochaine étape sera de cofinancer la mise en place de toilettes publiques pour les touristes et les porteurs, dans la mesure où il n'existe actuellement quasiment pas de toilettes ou avec de très mauvaises conditions". Le défi de la prochaine décennie sera donc d'éviter que la pollution ne refasse son apparition, notamment en élaborant un nouveau code de conduite à destination de tous ceux qui arpentent les flancs du toit du monde, ceci en collaboration avec le gouvernement népalais. "Nous ne pouvons nous permettre de simplement nettoyer l'Everest de temps en temps - nous devons éduquer les personnes à la gestion des déchets et être sur que cela est respecté", a conclu Phinjo Sherpa, directeur de EcoHimal.

Plus d'infos :
www.ecohimal.org/en/home.html
Financial Times


Chronologie de l'ascension de la 1ère expédition


Participants à l'expédition

Tenzing Norgay et Edmund Hillary buvaient du té après l'ascension de l'Everest en 1953. © Royal Geographic Society
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