Politique d'utilisation des Cookies
Nous utilisons des cookies propriétaires et tiers pour vous offrir un meilleur service et une navigation plus agréable. Si vous continuez à naviguer sur notre site, nous comprenons que vous acceptez notre Politique d'utilisation des Cookies
BLOG DE MONTAGNE | INFOS | 02 Janvier 2013

" La neige c'est la mousse au chocolat ! " : histoire d'une famille française qui vit à l'endroit habité le plus froid du monde...

Eric Brossier et sa famille font partager leur vie quotidienne à bord du Vagabond, un voilier prisonnier des glaces du Grand Nord canadien, 9 mois par ans. Un documentaire sur cette famille d'aventuriers de 52 minutes, “Sur le grand océan blanc”, sera diffusé sur France 5, dimanche 6 janvier à 15h40.
" La neige, c'est la mousse au chocolat !" : Du haut de ses 5 ans, Léonie, la sœur aînée d'Aurore, 2 ans, s'amuse bien en suçotant quelques flocons. Ours blancs et phoques, cultutre inuite et immensité arctique n'ont déjà plus de secrets pour la petite fille, embarquée depuis qu'elle est bébé sur le voilier de ses parents, France et Eric Brossier. Ingénieur en génie océanique et glaciologue, Eric participe depuis plusieurs mois à une mission d'étude internationale sur la banquise, tandis que France, artiste peintre, se consacre à sa mission de " mère à temps plein ". Après avoir sillonné les mers du pôle, c'est à cinquante kilomètres de Grise Fiord, le village le plus au nord du Nunavut, vaste territoire de deux millions de kilomètres carrés, que la famille a jeté l'ancre.

Prisonnier des glaces neuf mois par an, Vagabond, leur voilier, est un point fixe au milieu d'un océan blanc. Un refuge au milieu de nulle part. « Je ne me suis pas dit : " On va venir ici pour transmettre ceci ou cela à Aurore et Léonie. ” J'ai simplement envie de vivre une vie qui me semble riche, intéressante, utile, chaleureuse, familiale, parce qu'on prend le temps de faire des choses quand on est ensemble. » Et des choses, ils en font beaucoup. Sur le bateau, bien à l'abri, alors que le thermomètre descend parfois jusqu'à – 50 °C au-dehors, on partage les repas, on lit des histoires, on s'endort, tranquille, avec un bonnet de coton sur la tête. Régulièrement, la famille embarque sur un drôle de traîneau tiré par ses quatre chiens ou par un vrombissant scooter des neiges, direction Grise Fiord, « le lieu qui ne dégèle jamais ».

Dans la bourgade de 140 habitants, les Brossier font leurs courses dans l'unique magasin que ravitaille deux fois par mois un avion. Ils en profitent aussi pour récupérer leur courrier et rendre visite à une famille inuite avec laquelle ils ont sympathisé. « Nos filles, quand elles seront grandes, auront leurs propres envies, mais peut-être que ce mode de vie un peu simple, qui permet d'autres choses, leur donnera envie d'aller au bout de leurs rêves, de leurs idées, d'essayer des choses ... »

Arrivé à Ellesmere, l'équipage de Vagabond reste quelques semaines au village, notamment pour glaner un maximum d'informations sur l'environnement local et comment y vivre au mieux.Il se présente à la communauté en projetant un film sur leur vie au Spitzberg. Très naturellement, une famille inuit les invite chez elle et des liens affectueux se tissent peu à peu. «Dans une communauté comme celle de Grise Fiord, tout le monde se connaît, les relations sont très fortes, alors qu'en ville on peut souffrir de solitude», confie Éric. Cette proximité humaine est pour lui essentielle. Géologues, glaciologues, biologistes, photographes, journalistes, réalisateurs... sont nombreux à avoir partagé le quotidien d'Éric, France, Léonie et Aurore à bord de leur voilier polaire. «Les personnes qui viennent sur Vagabond ne sont pas là par hasard. Nous partageons vraiment du temps ensemble. Ce sont toujours des rencontres inoubliables, pour elles comme pour nous.»

Pour la simplicité et l'intensité de tels instants, pour rencontrer les Inuits et contempler une faune arctique grandiose (ours polaires, narvals, bélugas, phoques, morses, loups, caribous et boeufs musqués), Éric Brossier et France Pinczon du Sel ont décidé de vivre à 800 kilomètres du pôle Nord, au Nunavut. À l'automne 2011, ils ont ancré Vagabond, leur voilier polaire de 15 mètres, au milieu d'une vallée glaciaire envahie par la mer et abritée du vent par une barre de montagnes. La banquise a rapidement cerné de glaces le monocoque rouge.

« L'Arctique est la sentinelle du climat mondial. Il nous enseigne ce que vont subir plus tard les régions tempérées», assure-t-il. Armé de matériel de mesure, il passe trois à quatre heures par jour à sonder la banquise, à relever la météo, à envoyer ses données aux scientifiques français et canadiens, pour lesquels il travaille et qui sont friands de séries de mesures répétées sur une longue durée. «L'été dernier, la couverture de glace n'a jamais été aussi réduite : 3,4 millions de kilomètres carrés au lieu de plus de 4 millions habituellement. Aucun des modèles, même les plus pessimistes, n'avait prévu ça. Le réchauffement global peut avoir des conséquences plus rapides qu'on ne le pense, d'où l'importance de relever régulièrement des données pour avoir des modèles plus fiables», défend Éric.

« Quand nous sommes nombreux, nous dormons tous les quatre dans la même cabine, sinon, les filles prennent leurs aise s», relate leur papa. Dans l'exiguïté du bateau, chacun prend sur soi pour s'adapter à l'espace - environ 30 mètres carrés! -, le cocon de la famille. Grâce au poêle fonctionnant au fuel, une douce chaleur règne dans le carré: 15 à 20 °C, de quoi vivre normalement. Garder le bateau chaud et sec est chaque jour une question de survie. Situées au niveau de la banquise, les cabines sont plus fraîches: jusqu'à - 3 °C! On y dort habillé, emmitouflé dans d'épais duvets. Dehors, le thermomètre peut descendre jusqu'à - 50 °C. Ellesmere est l'endroit habité le plus froid de la planète !

« Cet environnement oblige à penser chaque geste, rester concentré et rigoureux. L'hostilité vient d'abord de nous: la fatigue, l'inattention, un oubli... un détail peut vite devenir compliqué. Ici, on n'a pas le droit d'avoir froid. Au moindre symptôme il faut bouger, rajouter une couche, manger ...» Parce qu'il redoute l'accident, la mort brutale, la sienne ou celle de ses proches, Eric se donne les moyens de l'éloigner.

« On ne peut pas sortir très longtemps avec les filles, explique France. Et il faut les occuper en permanence pour qu'elles bougent. » Léonie et Aurore jouent dans leur jardin des neiges: descentes en luge, courses, cabanes, balançoires accrochées à Vagabond... Les fillettes accompagnent parfois leurs parents quand ils percent la banquise pour y plonger une sonde, gonflent un ballon météo et quand, tous les trois jours, ils cassent la glace, l'unique source d'eau douce à bord. Elles s'amusent à regarder les chiens dévorer cette viande de phoque glacée tranchée à la hache !

« À l'intérieur du bateau, il faut aussi leur inventer sans arrêt des occupations, poursuit France, parfois à bout de patience comme toute maman. Nous faisons ensemble de la musique, du théâtre, du cirque, des marionnettes...» Les petites apprennent à cuisiner des plats simples, des gâteaux, qui embaument le carré. Le soir, en pyjama et bonnet de nuit, lovées dans leur duvet, elles écoutent l'histoire lue par leurs parents à la lumière de la frontale. France apprend aussi à lire et à écrire à Léonie, qui commence à fréquenter Umimmak, l'école du village, où l'on enseigne l'anglais et l'inuktitut !

Pour se rendre à Grise Fiord, une ou deux fois par mois, Éric conduit la motoneige qui tire un komatik, le traîneau de bois où se pelotonnent France et les filles. Sur les vastes étendues glacées, le trajet de 50 kilomètres peut prendre deux heures et demie. Le village est une succession de constructions modulaires colorées. La petite famille retrouve avec bonheur Lisa, la grand-mère inuit qui dorlote les filles. Elle les garde au chaud tandis que leurs parents vont faire des emplettes à l'unique épicerie du village et chercher le courrier. Un avion visite Grise Fiord deux fois par semaine, mais parfois, quand le vent se déchaîne, les villageois restent isolés plus d'un mois. Iqaluit, la ville la plus proche, est à 2000 kilomètres...

Pour vivre en direct l'aventure du Vagabond: www.vagabond.fr

Le film de 52 minutes d'Hugues de Rosière “Sur le grand océan blanc” sera diffusé sur France 5, dimanche 6 janvier à 15 h 40


Envol Productions

Tags:

Derniers articles

Commentaires

Pour introduire un commentaire, vous devez vous identifier sur Barrabes.com. Cliquez ici pour vous identifier.
Il n´y a pas de commentaires sur cet article.

L'Avis des Clients
Inscrivez-vous à la Barrabes Newsletter
Recevez en avant-première les nouveautés de barrabes.fr
Suivez-nous
Tenez-vous avec des nouvelles sur Barrabes.fr des réseaux sociaux.
N'hésitez pas à nous contacter
contactez-nous
ou appelez le
01 70 61 58 50
(Horaire: du lundi au jeudi de 8h30 à 14h00 et de 15h00 à 18h00 et vendredi de 8h30 à 14h30)
France  |  España  |  Deutschland  |  United Kingdom  |  Sverige  |  International