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BLOG DE MONTAGNE | INFOS | 10 Octobre 2012

Le GMHM ouvre la première voie de la face Ouest du Kamet : « Spicy Game », 2000m. 5+, 90º, ED

Entre le 22 et le 27 septembre, S. Bohin, D.Jourdain, S. Moatti y S. Ratel, membres du Groupe Militaire de Haute Montagne français avec son challenge « 7 Alpinisme, 7 continents », ont réussi à ouvrir « Spicy Game ».
« Spicy Game » cèst la première voie qui parcours l’immense muraille de la face Ouest du Kalmet (7756m), troisième sommet le plus haut de l’Inde.

Pour la légende, au 19e siècle le Kamet était considéré comme la plus haute montagne du monde ! Aujourd’hui c'est le seul possible à escalader, le Kangchenjunga côté indien et la NandaDevi étant interdit d'ascension pour des raisons spirituelles et politiques. L'objectif de l'expédition, repéré en 2009, est donc la face Ouest du Kamet. Une immense muraille de granite et de glace, où une fine ligne de faiblesse semble se dessiner. Pas de séracs, peu de dangers objectifs, 2000 m quasiment à la verticale et une face encore vierge en 2012 : un beau challenge.


Après trois longues journées de voyage depuis Delhi en bus puis en 4x4 par des routes défoncées, l'équipe de 7 grimpeurs arrive à Ghastoli le 3 septembre. Une prairie à 3900 m où va débuter le trek d'acclimatation. Neufs jours sont nécessaires pour rejoindre le camp de base à 5300 m. Le dimanche 16 septembre les grimpeurs se lancent dans les pentes régulières et peu difficiles du Mana Peak (7092m) afin de terminer la période d'acclimatation mais météo capricieuse compromet un peu cette phase et ils doivent revenir au camp avec seulement 2 nuits en altitude.


La préparation des affaires pour l'ascension est primordiale : Ne rien oublier mais ne pas se charger du superflue ! Notre relais météo annonce une période de grand beau avec peu de vent en altitude… Dernière nuit partagée à 5800 m, au camp de base avancé et les 2 cordées se séparent le vendredi 21 au matin. Chacun est concentré sur son objectif, remonté à bloc et prêt à en découdre avec la montagne. Mais après une première nuit à 6600 m, la « cordée de l'arête » perd le contact avec la « cordée de la face ». Didier Jourdain : « Après quelques centaines de mètres d'ascension, le téléphone satellite m'échappe et plonge en bas. Une réunion au bord du vide s'improvise avec mes trois compagnons de cordée. Je les laisse décider. Engagés à 100%, nous poursuivons sans ! »

La cordée de l'arête, qui devait appuyer les alpinistes qui ouvraient la voie sur la face ouest, décide de redescendre au camp pour avoir un contact visuel, via la longue vue, avec les alpinistes engagés dans une ascension sans filet. Cinq jours à observer ces quatre petits points noirs en doudoune orange, qu’ils voient apparaître successivement, puis s'effacer derrière l'arête sommitale du Kamet, sans savoir pourquoi ils ne répondent pas au téléphone satellite. Lionel Albrieux : « Cette absence de contact imprévu m’obsédait. L'inquiétude et le besoin de retrouver le contact avec eux pour m'assurer que tout allait pour le mieux m'imposait une solution unique : renoncer à notre ascension pour redescendre le plus rapidement possible afin de renouer le contact, ne serait-ce que visuellement. »

Sébastien Ratel revient sur l'ascension : : « Après 300 m de pente de neige et l'épisode du téléphone volant nous devons gravir un mur de glace sur 2 grandes longueurs. Parfois à plus de 90°, nous obligeant même à hisser le sac du leader. Le premier bivouac est mauvais, taillé dans la glace, nous pouvons à peine nous allonger. L'ascension trouve ensuite son rythme, entre neige et goulotte plus difficile, nous frayons notre chemin jusqu’à l'arête Sud à 7500 m.

C'est notre 4ème bivouac et la fatigue s'accumule. Néanmoins nous mobilisons tout ce qu'il nous reste pour nous lever et s'élever 250 m plus haut. Sommet : vue magnifique malgré notre cerveau bien embué. Nous rejoignons notre bivouac à 15h30. Trop fatigués pour continuer vers le bas, nous repassons une nuit à 7500 m. Le lendemain nous sommes complètement shootés à l'altitude. Il faut se faire violence pour ne pas se laisser aller à rêvasser la haut et REDESCENDRE. Les gestes sont lents et maladroits, mais la cordée s'active. Les rappels le long de la face Sud s'enchaînent. La tension est palpable. Chacun aux prises avec soi-même. Enfin la pente s'adoucit et nous pouvons perdre de l'altitude en desescaladant. Le retour de l'oxygène dans notre organisme fait du bien. Par quelques derniers rappels exposés sous les séracs nous rejoignons les frontales des copains qui clignotent à notre rencontre. Retour à une vie sous oxygène, avec eau et nourriture. Merci les Gars ! »


Le jeudi 27 dans la nuit, la cordée de l'arête vient à la rencontre de leurs amis, au pied de la face. Les quatre compères sont dans un état de fatigue avancé. Compréhensible après 6 jours en haute altitude, 5 bivouacs dans le froid dont deux au-dessus de 7500m, la fameuse « zone de la mort ». Sébastien Bohin : « Complètement épuisé en bas de la descente, je me réjouissais de la présence du docteur au camp de base pour bien s'occuper de nous ! »

Malgré les brûlures du soleil aux lèvres, pommettes et nez, on peut lire un énorme sourire, une joie intense sur leurs visages : Ils viennent d'ouvrir en pur style alpin une voie magnifique sur un sommet de 7756 m. Ils viennent de réaliser la première ascension de la face Sud-ouest du Kamet. Un combat où les 4 alpinistes ont repoussés leurs limites. Sébastien Moatti : « Jamais je n'ai été aussi loin dans une ascension. L'aspect mental était très important et nous nous sommes vraiment dépassés. »

Plus d'infos : GMHM


Une immense muraille de granite et de glace.


Les quatre alpinistes au sommet.

Vers les passages compliqués

Dans les hauteurs

Un des bivouacs

L'équipe complète au camp de base

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