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BLOG DE MONTAGNE | INFOS | 20 Juin 2012

La fondation PETZL cherche des solutions pour limiter les accidents dans le couloir du Goûter.

Après la mort tragique de Stéphane Brosse et de deux alpinistes sur le massif du Mont Blanc cette semaine, la question de la sécurité sur une des cimes les plus visitées du monde revient sur le devant de la scène.
Quattres voies « classiques » accèdent au mont Blanc : la voie de Saint-Gervais en passant par le couloir du Goûter , la voie des Grands Mulets, les 3 monts depuis Chamonix (Tacul, mont Maudit et mont Blanc) et la voie Italienne nommée voie du Pape.

La plus utilisée est sans aucun doute la voie de Saint-Gervais, car selon Claude Barnier, gardien du refuge du Goûter, il y a 40 000 traversées du Grand Couloir par an en tenant compte des montagnards qui vont au refuge, de ceux qui bivouaquent et de ceux qui ne font que monter au refuge du Goûter, puis redescendre. L’accès aux refuges de Tête Rousse et du Goûter est fréquenté par des alpinistes venant du monde entier, avec des niveaux très variable de connaissance de la montagne et de ses risques.

«Le mont Blanc est l’un des sommets le plus fréquenté au monde et son accès impose une réflexion. Faire en sorte que moins d’accidents se produisent, c’est une action de prévention. Bien sûr le risque zéro n’existe pas puisque le couloir ne représente qu’une petite partie de l’ascension ! Mais entre deux refuges, sur un itinéraire mondialement connu et très parcouru, nous pouvons envisager une amélioration de la sécurité» souligne Paul Petzl.

Situé entre le refuge de Tête-Rousse (74 places, 3 167 m) et le refuge du Goûter (100 places, 3 817 m), ce couloir est depuis longtemps reconnu comme dangereux. Parfois appelé le « couloir de la mort », il est particulièrement délicat en pleine saison estivale, car il est raviné par les chutes de pierres. Or, la plupart des prétendants au sommet, alpinistes chevronnés ou non, empruntent ce passage incontournable de la voie normale.

Selon une étude commandée par la Fondation Petzl, il y a eu une trentaine d´accidents mortels et plus d’une centaine de blessés entre les années 2000 et 2010 dans le Grand Couloir. Cela fait une moyenne de 13,4 accidents par an dont 3 mortels. Ces données sont basées sur les chiffres officiels d’accidents dans le Grand Couloir, et ne tiennent pas compte des blessés non déclarés, car elles sont basées sur les appels des alpinistes aux services de secours.

On peut lire dans la même étude, qu´il y a une corrélation entre les chutes de blocs et le réchauffement climatique. En 2003, l’été le plus chaud de la décennie sur le Massif du Mont Blanc, le nombre d’accidents dans le Grand Couloir a été bien supérieur à la moyenne : 57 dont 6 décès, justifiant un arrêté préfectoral déconseillant fortement son accès, en cours de saison estivale, pour cause de grosses chutes de pierres. Le réchauffement climatique est incontestable sur le massif du Mont-Blanc. Il suffit de constater la forte et constante régression des glaciers : Mer de Glace, Bossons…

Dans ces conditions, il est probable que les chutes de pierres augmentent avec les années et qu´avec l´ouverture du nouveau refuge du goûter le nombre d´alpinistes fasse de même, il n´est pas étonnant que la Fondation Petzl se soit engagée dans une réflexion sur la question des conditions d'accès et de sécurité au sommet du Mont Blanc.

D’importants dispositifs sont déjà mis en place pour la sécurité : informations disponibles (bulletins météo, topos...), encadrement par des guides de haute montagne, secours performants, mais aussi des câbles dans le couloir et sur la dernière partie de l’arête du Goûter, ainsi que des balises de cheminement sur le dôme du Goûter.

Il est important de bien dissocier la question de la difficulté d’un itinéraire et de ses dangers. La contribution de la Fondation Petzl ne vise pas à rendre plus facile l’accès par cet itinéraire, mais à limiter l’exposition aux dangers objectifs qui conduisent à trop de drames. En accord avec la Commune de Saint-Gervais Mont-Blanc, la fondation entend œuvrer pour l’intérêt général de la communauté des alpinistes. Le choix des solutions appartiendra bien sûr à celle-ci et aux institutions.

A l’heure où les travaux du nouveau refuge du Goûter se terminent, permettant d’offrir un accueil plus adapté aux besoins d’un large public, la Fondation Petzl a souhaité apporter une contribution sur les possibilités d’amélioration des conditions de sécurité dans ce passage clé. Une étude technique a été menée par le cabinet MEIGE et une équipe d’experts, s’appuyant sur l’accidentologie, la hausse de fréquentation des alpinistes tentant l’ascension, l’évolution du climat, la topographie du site, les chutes de blocs…

Des solutions ont été proposées pour un aménagement le plus minimaliste possible sur la partie la plus exposée à des dangers objectifs. Divers projets ont été envisagés et étudiés : - purge de la paroi et ancrages, - protection par des filets ou un ouvrage en béton armé, - galerie, - passerelle himalayenne.

Une réflexion partagée: sollicitée par la commune de Saint-Gervais Mont-Blanc, la Fondation Petzl a présenté aux professionnels de la montagne ces premières propositions. L’ensemble des acteurs déjà rencontrés semble d’accord sur la nécessité de trouver une solution pour limiter la dangerosité du passage sans porter atteinte à la valeur du site et sans faciliter son accès.

Au cours de cette indispensable concertation, les guides ont présenté des photographies prouvant la présence de blocs de très grande taille (50 tonnes) en sommet du couloir. Ces documents ont permis de préciser les trajectoires et les énergies des chutes, en mettant en évidence que l’ouvrage situé à 25 m de hauteur pouvait être touché par 3 % des blocs ce qui n’est pas admissible. Il serait possible techniquement de construire une passerelle à 35 m hauteur, mais cela serait incompatible avec la préservation du site.

La contribution de la Fondation Petzl s’oriente donc vers l’étude d’une galerie de faible diamètre (2 m), considéré comme totalement viable et adapté. Un rapport définitif a été remis fin 2011 à la commune de Saint-Gervais Mont-Blanc qui devrait bientôt prendre une décision.


Couloir du Goûter (Photo Fondation Petzl)


Nouveau refuge du Goûter

Projet de passerelle

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