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BLOG DE MONTAGNE | DOSSIERS TECHNIQUES | 03 Avril 2013

La sécurité en escalade sportive, partie II de IV

L'escalade sportive comporte un certain niveau de risque. Cet article vise, d'une part, à faire prendre conscience de ces risques aux grimpeurs (actifs ou potentiels) et, d'autre part, connaître les types de risques inhérents à ce sport afin de savoir les éviter.
LE MATERIEL (SUITE)

- Les assureurs

Ils sont partie intégrante de la chaîne de sécurité, car ils connectent la corde avec le harnais de la personne qui assure le grimpeur. Leur fonction est d'arrêter la chute, en plus de contrôler la vitesse de la corde selon la volonté du responsable de l'assurage. Il y a basiquement 2 types d'assureurs: les manuels et les automatiques.



De gauche à droite: assureur manuel sur mousquetons normal et deux assureurs automatiques
Les appareils manuels sont plus léger et polyvalents, car il permettent d'assurer par blocage le second de cordée ou de les utiliser pour faire du rappel. Ce sont des appareils parfaits pour escalader en parois. Cependant, ils ne bloquent pas automatiquement la corde, mais le font seulement grâce à l'intervention directe de la personne responsable de l'assurage. Ils sont certaines fois vendus comme "freins dynamiques", désignation avec laquelle je ne suis pas d'accord: la "dynamique", en cas de chute, vient seulement de la personne chargée d'assurer, et si il est certain que ces appareils peuvent se comporter de manière dynamique, c'est surtout l'attitude et l'instinct qui permet de bloquer la chute de manière élastique. Donc, si l'appareil fonctionne en réalité comme un appareil statique, en escalade sportive, je préfère personnellement assurer et être assuré avec un appareil automatique.

Les appareils automatiques bloquent rapidement la corde en cas de chute, indépendamment du fait que la personne en charge de l'assurage est attentive ou pas, ce qui donne un sécurité indiscutable. Ce sont de plus des appareils parfaits pour assurer en top rope et faire descendre le collègue, grâce à sa capacité de blocage sous tension. Ils doivent s'utiliser avec le diamètre de corde indiqué par le fabricant et faire très attention quand la corde est neuve, car elle glissera dans l'appareil beaucoup plus rapidement. Il est certain qu'il y a eu beaucoup d'accidents à cause de chutes non bloquées avec ce type d'appareil, mais pour ce que je sais, il sont dû à un mauvais usage de ces appareils: ou la personne en charge de l'assurage a maintenu la main appuyée sur le levier, ou ils étaient utilisés avec des cordes d'un diamètre inférieur à celui indiqué par le fabricant. Pour éviter cet accident typique, il est important de maintenir la main inférieure sur la corde et hors de l'appareil. Il faut aussi signaler qu'il existe sur le marché un appareil automatique de la marque Edelrid, qui est étudié afin de minimiser ce risque: le levier est situé dans une enveloppe rigide, empêchant ainsi qu'on l'actionne par erreur.

- Les mousquetons de connexion



Les mousquetons avec fermeture de sécurité
Le mousqueton que l'on utilise pour connecter l'assureur au harnais doit disposer d'une fermeture de sécurité, de préférence automatique. L'automatisme du vissage permettra qu'il soit toujours fermé correctement, en nous enlevant un autre point d'erreur possible. Cette connexion doit se faire toujours sur l'anneau ventral, et non en attrapant avec le mousqueton les boucles des jambières et la ceinture du harnais. Cette manière incorrecte de le mettre, fait travailler le mousqueton tri-axialement sous charge, ce qui réduit considérablement sa résistance. Durant l'escalade, le mousqueton peut se retourner et peut se retrouver attrapé en position horizontale sur l'anneau ventral. Cela qui réduit aussi considérablement sa résistance. Il faut être attentif et corriger cette situation, et regarder régulièrement l'appareil. Il existe des mousquetons spécifiques pour assurer qui ont des systèmes très performants pour éviter ce problème.


Assurer avec des sandales n'est pas une bonne idée

- Les chaussures

Si vous n'êtes pas en train d'assurer sur l'idyllique plage de Tonsai en Thaïlande, porter des sandales n'est pas une bonne idée. Il faut avoir des chaussures fermées pour réaliser un bon assurage: avoir des sandales totalement ouvertes et très commode en été, mais n'est pas idéal lorsque votre collègue qui vient de tomber vous oblige à freiner avec les talons sur plusieurs mètres.

- Gants

C'est une bonne idée de porter des gants. De vieux gants avec les doigts coupés ou des gants pas chers avec de la mousse sur les paumes, que l'on trouve partout, nous permettrons d'avoir un meilleur contrôle de la corde qu'avec les mains nues. Avec des gants, les manoeuvres comme arrêter une chute, ramener notre compagnon sur le sol depuis une réunion ou récupérer le top-rope sont beaucoup plus faciles et agréables, et même plus sûres, surtout avec des cordes de petits diamètres. Si l'on assure avec un frein manuel, les gants nous donnerons beaucoup plus de sécurité.

Les ancrages de la voie et de réunion: nous en parlons dans la partie "dangers objectifs".


TYPOLOGIES DU DANGER: DANGERS OBJECTIFS CONTRE DANGERS SUBJECTIFS

Il set possible de classifier les dangers de l'escalade en 2 grandes familles: les dangers objectais et les dangers subjectifs. Tous les dangers potentiels appartiennent à l'une de ces deux familles, même s'il est quelque fois difficile de de choisir laquelle, comme nous de verrons dans quelques cas.

Les dangers objectifs sont ceux qui de dépendent pas du grimpeur, c'est à dire que nous ne pouvons jamais être certain de les éviter, même si nous devons essayer de les anticiper.

Les dangers subjectifs sont ceux qui dépendent de l'escaladeur, c'est à dire que nous somme capable de les contrôler avec notre comportement, si nous faisons les choses correctement.

DANGERS OBJECTIFS

Les situations dangereuses qui ne dépendent pas directement de l'escalader sont peut être les moins fréquentes, j'irais même jusqu'à dire que dans le cas de l'escalade sportive elles correspondent à un 10% ou 20% du total. En général, ce type de situations sont plus fréquentes en escalade traditionnelle et bien plus en alpinisme, mais elles ne disparaissent jamais en escalade sportive. Il faut se rappeler que la politique que nous devons suivre pour contrôler ces risques est la prévention. Cependant il faut savoir que cette politique de prévention, même si nous la suivons à la lettre, n'éliminera jamais complètement le risque. Nous allons voir en détail chaque situation potentiellement dangereuse et les mesures de prévention à prendre afin de minimiser les risques.

Les chutes de pierres et les prises qui se cassent : Les chutes de pierres peuvent être dues à des météorites, des animaux ou des personnes. Dans le cas où elle due à des personnes, nous pourrions la considérer un danger subjectif, selon la situation. Le vent peut aussi entraîner de petites chutes de pierres. Ces petites chutes peuvent, si elles se produisent du haut d'une parois, entraîner des pierres plus grosses qui tombent avec force au pied de la voie. Une journée ventée après une journée pluvieuse peut être spécialement problématique.

La morphologie du terrain qui domine la parois, peut engendrer sans aucun doute la chute de pierres. les secteurs sportifs qui ont des canaux au dessus sont les plus problématiques. Il y a quelques années, un après midi d'automne, avec pas mal de vent, nous escaladions en famille à l'école sportive de Sinsat, dans les Pyrénées, et des pierres de la taille d'une pomme sont tombées 2 fois. Nous sommes partis sans attendre la troisième chute ...

Le passage d'animaux peut aussi entraîner des chutes de pierres. En 2007, une jeune grimpeuse est décédée dans le secteur sportif de la Cova de l'Arcada, en Catalogne, suite au passage de chèvres sauvages au dessus de la voie qu'elle escaladait.

Les compagnons de cordée et d'autres escaladeurs peuvent décrocher des pierres quand nous sommes au pieds de la voie, sans faire exprès et même sans s'en rendre compte. Cette situation est très fréquente, que ce soit car des prises cèdent sous le poids du grimpeur, soit parce que les mouvements de la corde déséquilibre des pierres instables. C'est particulièrement vrai quand une voie vient d'être installée, mais cela peut aussi arriver à des voies tracées sur des terrains trop instables, qui ne sont jamais "propres" même après le passage d'un grand nombre d'escaladeurs. Fin 2011, un grimpeur est mort dans la zone sportive de Fatanga, des îles Canaries, à cause d'une chute de blocs situés dans la voie qu'il était en train d'escalader. Les blocs ont coupé la corde et précipité l'escalader dans le vide.

Le grimpeur lui-même, en escaladant, peut arracher des prises instables, avec pour résultat une chute inespérée. Certaines ces prises sont clairement douteuses, mais certaines fois, ce n'est pas le cas. Je me suis plus d'une fois "envolé" à cause d'une prise bien signalée par la poudre et d'apparence solide.

Les actions préventives que nous pouvons prendre, sont:

- Porter un casque, quand nous sommes en train d'escalader et au pieds des voies. Même avec cette prévention, nous n'aurons jamais un risque nul, mais nous améliorons nos chances de survie en cas de chute de pierres, de manière significative. Un autre conseil intéressant est d'essayer de ne pas rester à la verticale des grimpeurs, car c'est la trajectoire naturelle des pierres.


L'assureur doit être toujours attentif
- Etre toujours attentifs afin de percevoir chaque fois que nous allons commencer à escalader/assurer: observer la qualité de la roche, charger les prises avec précaution si nous pensons qu'elles peuvent être douteuses, observer la morphologie du terrain qui domine le secteur que nous allons escalader, ne pas sous estimer la force du vent et prendre en compte la possibilité de passage d'animaux sauvages. Il faut aussi prendre en compte les cordées voisines. Il faut rester critique sur l'ensemble de ces facteurs et réagir rapidement aux premiers symptômes d'une situation propice à la chute de pierres.
- La communication avec le compagnon peut être fondamentale comme action préventive, quand nous supposons qu'il peut tomber des pierres.
- La pause ou technique de boulder qui consiste à couvrir le compagnon durant les premiers mouvement de la voie, avant d'atteindre le premier ancrage, s'impose comme actittude préventive contre les possibles cassage de prises.

LE DESIGN DES VOIES

C'est un facteur qui ne dépend pas de nous et qui peut être réellement dangereux.

L'endroit choisi pour poser les ancrages est, dans certaines voies, clairement incorrect, que ce soit à cause des distances trop grandes entre ceux-ci, ou à cause de leur position par rapport aux prises, qui oblige à se connecter de manière précaire. Les ancrages excessifs sont typiques de certaines zones, où tous les escaladeurs ont développés cette tradition étrange.

Le premier ancrage très haut est une tendance absurde que nous pouvons trouver dans certaine écoles, quand en toute logique cela devrait être le contraire.


Un spit sur une roche tendre n'est pas très fiable
Les ancrages inadéquates que nous pouvons trouver sur certaines voies, sont aussi potentiellement dangereux: ils peuvent être obsolètes, "faits maison", inappropriés pour ce type de roche ou avec des mélanges de métaux.
Les ancrages de type spits ont été massivement utilisés dans les années 80 et il existent toujours des voies équipées de cette façon. Ils sont beaucoup plus dangereux que les ancrages modernes. On peut les reconnaître car ils ne se présentent pas comme un écrou monté sur une vis, mais avec une tête hexagonale plate.
Sur les roches siliceuses ou calcaires tendres ainsi que que dans toutes les atmosphères marines, les ancrages chimiques sont les seuls que nous pouvons considérer fiables.

Les actions préventives que nous pouvons prendre, sont:

- Notre observation de chaque situation concrète et une réaction en conséquence est de nouveau fondamentale.
- Renoncer à faire une voie si nous jugeons qu'elle suppose un danger évident. Cette décision sera prise après une observation visuelle depuis le sol, mais nous pouvons aussi le faire à la moitié de la voie, si nous nous rendons que la distance entre chaque ancrage est trop grande et qu'une grande chute importante sur une parois avec des saillants peut être dangereuse. Dans cette situation, il ne faut pas hésiter à abandonner un mousqueton dans un ancrage et redescendre.
La position de l'encrage par rapport à la roche, peut être dangereuse, comme cela arrive fréquemment, quand elle oblige le mousqueton à travailler en faisant levier sur la roche ou en position défavorable.


En train de "chasser" un parabolt éloigné
- Avoir avec soi une canne extensible et du sparadrap, ou l'appareil qui va au bout de la canne qui permet de fixer une dégaine, que commercialise certaines marques. De cette manière, on peut fixer un parabolt depuis l'antérieur, en progressant en top rope par petites sections. Certains escaladeurs pensent qu'utiliser ce système n'est pas courageux. Laisse les dire ce qu'ils veulent et pense à la santé de tes chevilles. Ce système peut se fabriquer de manière improvisée facilement, avec une branche sèche, un peu de sparadrap et une dégaine.


La bonne manière d'allonger une dégaine
- Allonger les dégaines, une fois la voie montée, si nous pensons que certains ancrages sont trop éloignés ou ne se connectent pas bien et nous voulons la refaire. Cela doit se faire toujours en utilisant une sangle et mousqueton et pas un mousqueton avec un autre mousqueton.
- Allonger le point d'ancrage, en connectant une sangle en boucle à la plaque, si nous connectons directement le mousqueton sur la plaque, celui-ci travaillera ouvert ou dans une mauvaise position.

L'ETAT DES ANCRAGES

C'est un facteur qui peut être dangereux et qui ne dépend pas de nous. Nous avons déjà signalé qu'il faut éviter les voies sportives avec des ancrages obsolètes, "faits maison", inappropriés pour ce type de roche ou avec des mélanges de métaux. A part cela, les ancrages peuvent être dangereux s'ils sont mal fixés. s'ils sont trop vieux, ou s'ils sont détériorés à use de nombreuses chutes. Il existe actuellement deux familles d'ancrages, ceux qui fonctionnent par expansion mécanique que nous appelons génétiquement paraboles et ceux qui fonctionnent grâce à de la résine epoxi, que nous appelons chimiques. A priori, ceux-ci sont plus résistants et fiables, mais pas infaillibles.


Un parabolt trop sorti est un symptôme que son expansion n'est pas terminée ou qu'elle a été seulement superficielle
Il est facile de voir quand un parabolt n'est pas bien fixé: la vis est trop sortie, symptôme que son expansion n'est pas terminée ou qu'elle a été seulement superficielle. Au contraire d'une plauqe que nous pouvons fixer avec la main si elle bouge, un parabole ne sera pas sûrs si son expansion n'est pas terminée. Il m'est arrivé de me retrouver avec un parabole dans la main, qui est sorti sans effort car il ne s'était pas correctement expansé. En 2010, dans le secteur Amphithéâtre des Gorges du Tarn, un escaladeur français à fait une chute sur le sol et de nombreuses fractures quand au moment de s'ancrer sur une nouvelle voie celui s'est arraché. Le parabolt ne s'était pas bien expansé.

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